17 févr. 2008

Direction Kyoto

Après avoir quitté Appikogen au petit matin sous les bourrasques et les congères, nous avons voyagé deux jours pour rejoindre Kyoto. Ce trajet qui pouvait nous paraitre long a finalement joué le rôle de transition avant de rejoindre les méga-villes. Le choix du ferry s'impose avant tout par économie mais notre mini croisière entre Sendai et Nagoya a été un vrai plaisir accompagné de souvenirs d'enfance, lorsque nos parents nous emmenaient en Corse. Malgrè les difficultés à communiquer, les rencontres s'enchainent. On nous offre même des chocolats parceque les fleurs... Après une après-midi à musarder dans Nagoya, au milieu de ses 2,2 millions d'habitants (en 2005) et sans doute quelques autres touristes, nous rejoignons l'auberge de jeunesse et notre chambre japonnaise. Thé, kimono, tatamis et futons. Samedi nous arrivons à Kyoto en fin de matinée pour prendre les clés de l'appartement que nous avons loué pour une semaine. Nous avons trouvé cette formule par hasard sur le blog d'un français qui vit maintenant à Kyoto que nous rencontrerons dans la semaine. Vivre le Japon est une branche de l'agence de voyage Voyageurs au Japon qui propose de louer des meublés à Kyoto et Tokyo. Notre première impression est très bonne. Pour une semaine nous serons donc Kyotoïtes. Nous allons en profiter pour visiter la ville, ses très nombreux temples, bains, monuments... mais aussi savourer notre solitude à deux avant de retourner aux joies de la vie en meute. Il faut s'habituer car nous même bientôt...
Pour secouer un peu les habitudes qui commencent à s'installer sur ce blog, nous allons essayer de publier une photo commentée chaque jour de cette semaine. Comme ça on va voir ceux qui suivent.

7 févr. 2008

Neige, soleil, reneige, resoleil...

C'est avec un peu d'incertitude que nous avoins quitté le cocon de Churui pour rejoindre Sapporo, puis Appikogen, une station de ski située dans le nord d'Honshù que nous n'arrivions même pas à localiser sur la carte. Nous quittions une famille pour intégrer l'équipe d'une pension de 12 chambres, bref l'impression de quitter une PME pour une multinationale !
Une fois sur place nos craintes se sont vite estompées. Le charme du lieu, l'ambiance colonie de vacances cosmopolite (la quasi intégralité du personnel est constituée de snowboarders du monde entier), le travail peu fatiguant, le plaisir d'être dans la neige et les 200 m qui nous séparent des pistes ont vite fait de nous convaincre.
Logés, nourris, nous avons aussi la chance de bénéficier d'un forfait saison et de matériel. Bref, c'est les vacances au ski, à l'oeil. De quoi séduire les auvergnats que nous sommes !
Si la neige commence à manquer dans les Alpes c'est loin d'être le cas ici. Depuis notre arrivée, la neige tombe par averse, recouvrant tout d'une belle couche de poudreuse bien froide. Un plaisir que nous sommes peu nombreux à partager, les Japonais n'ayant que 10 jours de congés par an, les pistes sont quasiment désertes en semaine. Du coup, nous pensons prolonger notre séjour de quelques jours et sauter l'étape suivante, elle aussi dans les montagnes. On partirait directement en direction du Kansai et dans un premier temps de Kyoto et de ses environs. Plus de wwoof avant fin février-début mars, date à laquelle nous rejoindrons normalement deux frères qui font tourner une ferme biologique et une école d'anglais.

30 janv. 2008

Sapporo, les aïnus et Hokkaido

A Sapporo, Mike nous explique que par de nombreux aspects Okinawa se distingue du reste du Japon. "Comme Hokkaido." ajoute-t-il. Les deux endroits qui nous attirent le plus au Japon ! Pour Okinawa nous espérons avoir le temps d'aller voir par nous même, avant de terminer le voyage à Tokyo. Pour Hokkaido, nous n'aurons finalement vu que Churui, la mer, Sapporo et Teine. Bien peu, mais suffisamment pour constater, à travers l'urbanisme à l'américaine de Sapporo, combien le développement de cette île est récent. L'île a été littéralement colonisée par les Japonais pendant la deuxième moitié du 19ème siècle. Le peuple aïnu qui vivait là a dû laisser la place pour ensuite subir l'oppression et la censure de ses coutumes. Aujourd'hui, on cherche à les réhabiliter à travers musées et associations mais il semblerait que certains de leurs membres, devenus influents, parviennent à rallumer la flamme. Nous, nous avons vu une ville étonnamment tranquille pour sa taille, immergée dans la nature. Presque 2 millions d'habitants et on se promène calmement au centre de ce quadrillage géométrique. En hiver, il peut tomber jusqu'à 5 mètres de neige. On se réfugie alors dans les galeries marchandes et les étages des centres commerciaux. En été, on imagine que la végétation reprend le dessus pour inonder une ville entourée de montagnes. Toujours d'après Mike, qui vit là depuis 10 ans, Sapporo est bien agréable et bien plus facile à vire que la plupart des villes japonaises. Car Hokkaido est un paradis pour qui aime la nature. L'île représente un cinquième de la superficie du pays pour seulement 5 % de la population. De quoi apprécier les lacs, la mer, les montagnes et la faune sans se marcher sur les zoris même si c'est une importante destination touristique pour les Japonais ou même les Australiens (encore eux) qui possèdent littéralement Niseko, une des principales stations de ski.

25 janv. 2008

Churui c'est fini !

Adieu saucisses, salamis et lardons. Il nous faut déjà quitter ce refuge douillet (sauf dans notre chambre au petit matin, voir photos) où l'on nous traitait si bien (un moment on s'est même demandé si on allait pas passer à la casserole nous aussi, tellement on a été bien nourris). Une wwoofeuse de Hong-Kong est arrivée hier soir pour prendre le relais et bientôt un américain doit venir en auto-stop depuis Sapporo. Finalement, les Uragamis qui ne ferment jamais boutique, pas même le dimanche, voyagent à domicile. Hier soir, ils ont même découvert les saveurs de la potée auvergnate.
Aujourd'hui, nous quittons Churui sous le soleil et 50 cm de neige fraîche tombée en moins de 24 heures pour rejoindre Sapporo en bus. Les prochains jours seront off et plus urbains : Sapporo est quand même la 5ème du pays. Ce soir nous rencontrons Michael, un membre américain de couchsurfing chez qui nous allons rester jusqu'à mardi en compagnie de 2 autres backpackers. Les débuts d'une internationale du voyage ?

N.B. sur Flickr, l'album Churui contient de nouvelles photos.

21 janv. 2008

Konnichiwa !

Après la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam nous voici enfin arrivés au Japon. Nous attendions ce moment avec une certaine impatience, une sorte d'envie de passer à autre chose de totalement différent de ce que nous avons pu voir ces derniers mois et aussi le désir d'aller y voir de nos yeux vu. Arrivés depuis à peine une semaine nous en avons déjà pris plein les mirettes et nous nous sentons vraiment bien. Pour le moment nous sommes sur Hokkaido, l'île la plus au nord du pays qui n'accueille que 5% de la population à cause de son climat de type sibérien qui sévit de novembre à mars. Ici les clichés du Japon hyper technologique sont bien loin et on pourrait se croire dans le grand nord canadien. En ce moment tout est recouvert de neige, les températures ne dépassent pas -5° durant la journée (malgré le soleil) et flirtent avec -20° la nuit. Depuis notre arrivée, nous sommes accueillis par la famille Uragami, un couple d'une soixantaine d'année et leur fils Shuta qui travaille avec eux. Les Uragami tiennent une boucherie-charcuterie, et un petit resto. En échange de quelques heures de travail par jour, ils nous offrent le gîte et le couvert (on commence déjà à se remplumer). Nous vivons chez eux, à environ 300 km à l'est de Sapporo, à Churi près de Obihiro. Ici le rythme est tranquille mais nous ne voyons pas le temps passer. Entre la fabrication des saucisses, la vaisselle, la cuisine, le coupage du bois, les bons repas, les bains au onsen voisin (source d'eau chaude) nos journées sont bien remplies et nous apportent la satisfaction de vraies rencontres. Nous ne regrettons vraiment pas notre adhésion au réseau Wwoof qui nous permet de voyager de cette façon. D'ailleurs d'ici une dizaine de jours nous serons accueillis par d'autres hôtes, propriétaires d'un lodge dans une station de ski, située dans le Nord de Honshu. Bientôt plus de détails sur les moeurs étranges (pour l'instant pas tant que ça) des nippons mais nous voulions partager avec vous les premières images au plus vite.